
Le Tour 2026 promet un nouveau duel entre les plus grands noms du cyclisme actuel. Tadej Pogacar vise une cinquième victoire finale, tandis que Jonas Vingegaard arrive pour la première fois sur le Tour avec un Giro dans les jambes. Côté belge, les espoirs reposent surtout sur Remco Evenepoel, revanchard après son abandon de l’an dernier.
La France aura également les yeux rivés sur Paul Seixas. À seulement 19 ans, la nouvelle coqueluche du cyclisme français s’apprête à disputer son tout premier Tour. Une entrée directement par la grande porte, donc.
Une chose est certaine : cette édition ne laissera pas beaucoup de temps aux favoris pour s’installer tranquillement. Le Tour démarre fort, continue très fort et termine avec trois journées alpines qui ressemblent presque à une mauvaise blague racontée à des grimpeurs déjà épuisés.
Tour 2026 : un Grand Départ musclé et une fin redoutable
Le Tour 2026 s’élancera le 4 juillet à Barcelone avec un contre-la-montre par équipes de 19,6 kilomètres. Particularité importante : le classement de l’étape sera établi sur le temps du premier coureur de chaque équipe, mais les temps seront également enregistrés individuellement pour le classement général.
Concrètement, les leaders ne pourront pas simplement attendre un coéquipier en difficulté dans la montée finale vers Montjuïc. Dès le premier jour, les écarts pourraient donc apparaître.
Le lendemain, la deuxième étape se terminera à nouveau sur les hauteurs de Montjuïc. La troisième emmènera déjà le peloton vers les Pyrénées, avec une arrivée aux Angles, avant le premier grand test en montagne à Gavarnie-Gèdre lors de la sixième étape.
Après la première journée de repos, le peloton traversera le Massif central, les Vosges et le Jura. Le Lioran, Le Markstein et le Plateau de Solaison formeront autant de rendez-vous susceptibles d’entamer les jambes avant même la dernière semaine.
Et quelle dernière semaine. Un contre-la-montre individuel entre Évian-les-Bains et Thonon-les-Bains ouvrira les hostilités, avant trois étapes alpines. Orcières-Merlette servira d’entrée en matière, puis l’Alpe d’Huez accueillera deux arrivées consécutives.
La vingtième étape dépassera les 5 600 mètres de dénivelé positif, avec la Croix de Fer, le Télégraphe, le Galibier et le col de Sarenne au programme. À ce stade, les coureurs qui diront encore avoir de bonnes jambes seront soit exceptionnels, soit très polis.
Pogacar face à Vingegaard : la route vers un cinquième sacre
Tadej Pogacar prendra le départ en tant que tenant du titre et grand favori. Le Slovène compte déjà quatre victoires finales. Un cinquième sacre lui permettrait de rejoindre Eddy Merckx, Bernard Hinault, Jacques Anquetil et Miguel Indurain au sommet du palmarès.
Sa préparation a été plus légère en nombre de jours de course, mais les résultats ont une nouvelle fois confirmé son niveau. Lorsqu’il s’est présenté au départ, Pogacar n’a pas exactement donné l’impression d’avoir besoin de temps pour retrouver le rythme.
La grande question reste donc la même : quelqu’un peut-il réellement le mettre en difficulté pendant trois semaines ?
Jonas Vingegaard est le seul coureur à y être parvenu à plusieurs reprises ces dernières années. Le Danois aborde cependant cette édition avec une préparation inhabituelle. Après avoir remporté Paris-Nice, le Tour de Catalogne et surtout le Giro, il disputera un deuxième Grand Tour en quelques semaines.
Vingegaard estime pouvoir atteindre un niveau encore supérieur sur le Tour. C’est possible. Mais le Giro laisse rarement les jambes dans leur emballage d’origine.
Son équipe arrivera également sans Wout van Aert, forfait en raison d’une blessure au coude compliquée par une infection, et sans Christophe Laporte. Matteo Jorgenson, Sepp Kuss, Victor Campenaerts et les autres équipiers de Visma-Lease a Bike devront donc entourer Vingegaard face à une équipe UAE particulièrement solide.
Si le vainqueur du Giro a bien récupéré, Pogacar retrouvera son rival le plus dangereux. Dans le cas contraire, la troisième semaine risque de devenir très longue, surtout avec deux visites à l’Alpe d’Huez au menu.
Evenepoel veut retrouver le podium, mais Red Bull joue à deux cartes
Pour Remco Evenepoel, le Tour 2026 doit marquer un nouveau départ. L’an dernier, il avait quitté la course sur les pentes du Tourmalet après une préparation perturbée, une côte cassée et une condition physique qui n’avait jamais totalement retrouvé son meilleur niveau.
Il disputera cette fois son premier Tour sous les couleurs de Red Bull-Bora-Hansgrohe. Son programme a été adapté pour lui permettre d’arriver frais à Barcelone, avec davantage de récupération, de travail spécifique et de reconnaissances du parcours.
Le contre-la-montre individuel de la seizième étape lui convient parfaitement. Mais sa place au classement général dépendra surtout de sa capacité à enchaîner les journées de haute montagne, notamment lors du triptyque alpin final.
Autre différence importante : Florian Lipowitz n’arrive pas officiellement comme simple équipier. Red Bull-Bora-Hansgrohe a annoncé les deux coureurs comme co-leaders.
L’Allemand possède ses propres ambitions. L’équipe dispose donc de deux cartes sérieuses, même si la route finira probablement par établir sa propre hiérarchie. Elle a généralement peu de patience pour les organigrammes préparés avant le départ.
Derrière le trio Pogacar-Vingegaard-Evenepoel, la liste des candidats est particulièrement riche. Paul Seixas fera ses débuts à seulement 19 ans après un début de saison impressionnant. Isaac del Toro, Juan Ayuso, Richard Carapaz, Lenny Martinez et Cian Uijtdebroeks auront également des arguments à faire valoir.
Seixas sera forcément très attendu par le public français. Mais trois semaines de course représentent un autre monde, surtout avec un parcours aussi exigeant. Son talent ne fait guère de doute. La seule vraie inconnue concerne la vitesse à laquelle il pourra apprendre.
Le Tour 2026 semble donc à nouveau promis à Pogacar et Vingegaard, avec Evenepoel en principal espoir belge et une nouvelle génération prête à secouer la hiérarchie. Reste à savoir qui arrivera encore avec quelque chose dans les jambes lorsque le peloton abordera une deuxième fois l’Alpe d’Huez.