WTA Dubai 2026

WTA Dubai 2026. Il y a des semaines dans le tennis féminin qui s’écrivent en lettres d’or dans les livres d’histoire. Le Dubai Tennis Championships 2026 est en train d’en devenir une. Pour la première fois depuis la création du tournoi en 2001, trois joueuses représentant les mêmes couleurs nationales (celles des États-Unis) se retrouvent simultanément en demi-finale. Amanda Anisimova, Jessica Pegula et Coco Gauff ont transformé le désert des Émirats en territoire américain, au grand bonheur des fans de la bannière étoilée.

24 abandons au WTA Dubai 2026

Le WTA 1000 de Dubaï 2026 connaît une édition marquée par un nombre record de 24 abandons, avant ou pendant les matches, un phénomène sans précédent à ce niveau. Parmi les absentes figurent des joueuses majeures comme la numéro 1 mondiale Aryna Sabalenka, Iga Swiatek, et la tête de série numéro 1 Elena Rybakina, pourtant fraîchement titrée à l’Open d’Australie.

Cette situation relance le débat sur la surcharge du calendrier : si le directeur du tournoi Salah Tahlak réclame des sanctions plus sévères, allant jusqu’au retrait de points au classement, l’ancien numéro 1 mondial Andy Roddick prend la défense des joueuses, pointant du doigt l’organisation même du circuit, qui place un WTA 1000 en février dans une région exigeante physiquement.

Anisimova – Pegula : un duel 100% Stars and Stripes aux statistiques vertigineuses

La première demi-finale mettra aux prises deux Américaines dans ce qui sera seulement le deuxième All-American de l’histoire du tournoi, après le mythique duel Venus–Serena Williams en 2009. Un choc de générations, mais surtout un choc de trajectoires.

Jessica Pegula, 30 ans et quelques poussières, continue d’écrire une des plus belles pages de la fin de carrière du tennis féminin. Elle est la première joueuse à atteindre les demi-finales lors de 7 tournois WTA consécutifs depuis Agnieszka Radwanska entre 2015 et 2016, une série qui a commencé à l’Open 2025. Avec 14 demi-finales en WTA-1000, seule Serena Williams fait mieux parmi les Américaines depuis 2009. Et si elle va plus loin, elle pourrait devenir seulement la troisième joueuse depuis 1990 à atteindre 5 finales ou plus en WTA-1000 après ses 30 ans, aux côtés de Martina Navratilova et… Serena Williams. La comparaison est flatteuse, elle est méritée.

En face, Amanda Anisimova réalise un tournoi tout simplement phénoménal. Ses statistiques récentes donnent le vertige : depuis le début de la saison dernière, seules Aryna Sabalenka et Elena Rybakina (14) ont battu plus de joueuses du top 10 qu’elle. Surtout, elle n’a perdu aucun match dans lequel elle a remporté le premier set depuis Auckland l’année dernière, une série de 44 victoires consécutives dans cette configuration.

Sa progression en carrière est fulgurante. Elle a remporté Doha et Beijing la saison dernière, et est arrivée en finale à Toronto en 2024 (battue par… Pegula). Si elle atteint la finale à Dubai, elle deviendra seulement la deuxième joueuse américaine depuis 2001 à atteindre les finales à la fois à Dubai ET Doha, après Monica Seles. La comparaison, là encore, est saisissante.

Pegula mène 4-0 dans les confrontations directes, dont une victoire lors du dernier Open d’Australie 2026. Mais les chiffres ne racontent pas tout ; et Anisimova n’est plus tout à fait la même joueuse qu’elle était il y a six mois.

Gauff – Svitolina : la plus jeune contre la plus expérimentée de Dubai

L’autre demi-finale propose un récit d’une richesse narrative encore plus grande : Coco Gauff, 21 ans, contre Elina Svitolina, 31 ans, recordwoman de victoires dans ce tournoi avec 23 matches remportés depuis 2001.

Gauff, déjà à 13 demi-finales en WTA-1000 avant même d’avoir soufflé ses 22 bougies, court après un record. Depuis 1990, seules Martina Hingis (33) et Maria Sharapova (15) ont atteint plus de demi-finales à ce niveau avant cet âge. Et si elle s’impose, elle pourrait devenir la troisième joueuse seulement à atteindre 6 finales ou plus en WTA-1000 avant ses 22 ans, après Caroline Wozniacki et Iga Swiatek.

Mais Svitolina est loin d’être une faire-valoir. Après sa victoire à Rome en 2018, la revenante ukrainienne n’a plus disputé de finale en WTA-1000. Un vide de 7 ans et 277 jours qui serait, si elle l’atteint ici, l’écart le plus long jamais enregistré entre deux finales à ce niveau depuis l’introduction du format Tier en 2009. La résilience a un nom, et il s’appelle Svitolina.

Depuis son retour à la compétition en 2023, l’Ukrainienne a disputé 4 finales sur le circuit WTA… et en a remporté 3. Sa seule défaite ? Justement contre Coco Gauff, en finale à Auckland en 2024. La boucle se referme.

Il faut également souligner un détail historique fascinant : si Svitolina et Pegula toutes deux atteignent la finale, elles auraient la deuxième combinaison d’âge la plus élevée de l’histoire pour une finale Tier I / WTA-1000, derrière seulement Serena Williams et Li Na à Miami en 2014. Le tennis des trentenaires n’a jamais semblé aussi séduisant.

Un tournoi qui redéfinit une génération

Ce Dubai 2026 raconte une histoire plus large : celle d’une génération américaine qui a éclos simultanément et qui n’en finit plus d’étonner. Anisimova, Gauff et Pegula — trois styles, trois personnalités, trois étapes différentes de la vie — se retrouvent ensemble sur la plus haute marche du tennis mondial, dans l’un des tournois les plus prestigieux du circuit.
Pour Gauff et Anisimova, c’est la confirmation d’une domination qui s’étend bien au-delà des frontières américaines. Pour Pegula, c’est la revanche d’une joueuse longtemps sous-estimée, désormais à l’aube de l’histoire.
Quoi qu’il arrive en demi-finale, Dubai 2026 restera dans les annales. Et si l’une de ces finales se joue entre deux Américaines… ce sera peut-être la finale la plus regardée depuis longtemps.

Articles connexes