
Belgique – Espagne, quart de finale du Championnat du Monde.
D’un côté, l’Espagne, championne d’Europe en titre, toujours invaincue et encore sans le moindre but encaissé dans ce tournoi. De l’autre, une Belgique qui vient de coller un 4-1 au pays hôte avec Charles De Ketelaere en patron, Nicolas Raskin au four et au moulin et Romelu Lukaku dans son rôle préféré du moment : entrer, pousser les défenseurs et finir le travail.
Sur le papier, La Roja part favorite. Sur le terrain, les Diables arrivent avec une confiance toute neuve et un vrai parfum de coup à jouer.
Belgique – Espagne : le 4-1 qui change l’ambiance
Après le thriller contre le Sénégal, la Belgique avait besoin d’un match référence.
Elle l’a trouvé contre les États-Unis.
Rudi Garcia a surpris tout le monde en laissant Kevin De Bruyne, Jérémy Doku et Romelu Lukaku sur le banc au coup d’envoi. À leur place, Dodi Lukebakio, Nicolas Raskin et Charles De Ketelaere ont apporté de l’énergie, du mouvement et surtout une énorme envie de saisir leur chance.
Résultat : 4-1, pays hôte éliminé, et une Belgique qui a enfin joué avec l’autorité que son effectif laisse espérer depuis le début du tournoi. De Ketelaere a inscrit les deux premiers buts, Hans Vanaken a profité d’une erreur du gardien américain et Lukaku a fermé la boutique dans le temps additionnel.
Le score a fait du bien. La manière encore plus.
De Ketelaere a gagné plus qu’un match
Charles De Ketelaere a probablement validé sa place dans le onze face à l’Espagne.
Son doublé raconte déjà beaucoup, mais son influence a dépassé les buts. Il a pressé, attaqué les espaces, combiné entre les lignes et constamment obligé la défense américaine à reculer.
Son pressing a également provoqué l’erreur qui a permis à Vanaken de marquer dans le but vide.
Avec Lukaku aussi efficace en sortie de banc, Garcia tient peut-être sa formule : De Ketelaere pour étirer et fatiguer la défense, Big Rom pour l’achever quand les espaces et les jambes commencent à s’ouvrir.
Lukaku assume d’ailleurs parfaitement ce rôle. Il a inscrit trois buts et délivré une passe décisive avec un temps de jeu réduit depuis le début du tournoi. Quand il entre, l’ambiance change immédiatement dans la défense adverse.
Raskin face à Pedri : le vrai thermomètre du match
Nicolas Raskin a lui aussi marqué des points contre les États-Unis.
Le milieu des Rangers a joué avec autorité, gratté des ballons et donné de l’air à Tielemans et Vanaken. Son activité a permis à la Belgique de rester compacte sans sacrifier la qualité dans la construction.
Son rôle devient encore plus important avec le forfait d’Amadou Onana, victime d’une grave blessure au genou contre les États-Unis et absent pour la suite du tournoi.
Face à l’Espagne, Raskin aura un boulot légèrement plus compliqué qu’une balade du dimanche.
Pedri adore prendre le contrôle du tempo, déplacer le bloc adverse et trouver la passe qui oblige tout le monde à courir vers son propre but. Pour éviter une soirée passée à regarder les Espagnols faire tourner, la Belgique devra gagner des duels au milieu et surtout savoir quoi faire du ballon après l’avoir récupéré.
Un grand Raskin peut changer toute la physionomie de ce quart.
L’Espagne avance sans bruit et sans encaisser
L’Espagne a rejoint les quarts grâce à une victoire 1-0 contre le Portugal.
Le derby ibérique se dirigeait vers les prolongations lorsque Mikel Merino, entré six minutes plus tôt, a frappé à la 91e minute. Le milieu espagnol a lancé l’action sur un coup franc joué rapidement avant de la conclure d’une frappe dans le petit filet. Efficace, propre, merci et au revoir.
La Roja n’a pas toujours livré un festival offensif dans ce tournoi. Elle affiche en revanche une maîtrise impressionnante.
Elle garde le ballon, impose son rythme et ferme presque toutes les portes derrière. L’Espagne n’a toujours pas encaissé de but et sait désormais gagner des matchs serrés, même quand Lamine Yamal et ses partenaires trouvent moins d’espaces que prévu.
Contre le Portugal, les Espagnols ont dû patienter. Face à la Belgique, ils devraient chercher à accélérer davantage dès le départ.
Yamal, Oyarzabal et la première vague espagnole
Le danger arrivera probablement très vite sur les côtés.
Lamine Yamal peut casser un bloc sur un contrôle, une accélération ou une passe intérieure. Mikel Oyarzabal bouge beaucoup, attaque la surface et offre constamment une solution aux milieux.
La Belgique devra survivre à la première vague espagnole sans se retrouver enfermée pendant vingt minutes.
Le match contre le Sénégal reste dans les mémoires. Dès que les Diables ont été bousculés, les distances se sont agrandies et la frustration a commencé à gagner plusieurs joueurs. Le scénario a fini par tourner grâce à une remontée folle, mais l’Espagne laisse rarement une deuxième chance.
Face à La Roja, chaque perte de balle mal placée peut déclencher une longue minute de possession espagnole. Et une minute à courir derrière le ballon paraît souvent beaucoup plus longue qu’elle ne l’est réellement.
La pression est espagnole, le danger est belge
L’Espagne reste la grande favorite de ce quart.
Elle faisait partie des principaux candidats au titre avant le tournoi et son parcours confirme ce statut. La Belgique, elle, avance avec une pression différente.
Les Diables ont déjà survécu à un scénario impossible contre le Sénégal et viennent de sortir le pays hôte avec trois buts d’écart. Le groupe a trouvé de nouvelles solutions, plusieurs remplaçants ont changé la hiérarchie et Garcia peut désormais construire deux équipes : celle qui commence et celle qui finit.
Tout le monde attend une qualification espagnole.
C’est précisément ce qui rend ce match aussi intéressant.
La Belgique possède assez de talent offensif pour marquer à cette défense espagnole et suffisamment d’expérience pour transformer ce quart en soirée très inconfortable pour La Roja.
Il faudra probablement un match presque parfait.
Mais après le 4-1 contre les États-Unis, plus personne ne peut dire que les Diables en sont incapables.